« Glasgow contre Glasgow » (2014-22'), lauréat du Prix du jury du festival Les Nuits photographiques 2014

Le 28 juin 2014, « Glasgow contre Glasgow » a reçu le Prix du jury au festival de films photographiques Les Nuits photographiques, à Paris.En 2008, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiait un rapport sur le lien entre espérance de vie et déterminants sociaux, intitulé « Combler le fossé en une génération ». Les lecteurs y apprenaient que la différence d’espérance de vie, selon que l’on est né dans un quartier riche ou un quartier pauvre de Glasgow atteignait vingt-huit ans. Si l'ancien quartier ouvrier de Calton était un pays, il serait classé à la 183ème place des pays par espérance de vie, entre le Laos et le Sénégal. À Calton comme à Castlemilk, Polsall ou Maryhill, l'espérance de vie des hommes est de 54 ans, 75 pour les femmes. Contre 82 pour les quartiers ouest et huppés de la même ville. Soit 28 ans de différence, d'un quartier à l'autre de la même ville.Six ans après la publication de l'enquête de l'OMS, le constat s’est encore assombri. Les inégalités ont explosé au Royaume-Uni avec l’application méthodique du plus grand plan d’austérité en Europe, d’une portée de 110 milliards d’euros. Plan acclamé par les éditorialistes européens sous l’expression « miracle anglais » et qui a valu au premier ministre David Cameron de prôner l’austérité et « l’amincissement de l’Etat » non plus comme un mécanisme exceptionnel mais comme un mode de gouvernance « permanent » (discours à la mairie de Londres, 18/11/2013). En mars dernier, une étude de l’ONG Oxfam dévoilait que les cinq familles les plus riches du Royaume-Uni possédaient autant que les douze millions de sujets britanniques le plus pauvres, soit 33,6 milliards d’euros. Une donnée susceptible, comme celle qu’a publiée l’OMS, de provoquer un tremblement de terre social. Mais qui n’a provoqué qu’un clapotis et un soupir las de bonnes intentions, basées sur le mécénat et la philanthropie.

À Glasgow, les philanthropes disent : « Laissez-nous faire » ; les chercheurs disent : « Il y a un effet Glasgow, à cause des déficiences historiques des habitants de cette ville en vitamine D » ; les communicants disent que malgré tout, la cité est « vibrante ». Mais l'OMS est catégorique. Et préconise, pour réduire cet écart abyssal, « un accès universel aux biens élémentaires (eau,nourriture, logement, soins, énergie), mais aussi à l’éducation, à la culture, à un urbanisme harmonieux et à de bonnes conditions de travail ». Mais dans chaque classe sociale isolée, on ne se pose que les questions auxquelles on peut répondre. Les classes cultivées préfèrent faire porter ces chiffres accablants sur les pauvres eux-mêmes, accusés de se livrer volontairement à un triptyque meurtrier : tabac, alcool et Fish&chips (poisson trempé dans une chapelure de bière, d'œuf et de farine puis cuit à l'huile et accompagné de frites - délicieux).
Ce film photographique est l’adaptation de l’enquête « Vivre riche dans une ville de pauvres », publiée dans Le Monde diplomatique de juillet 2010. Il a été diffusé le 22 mai sur le site du Monde diplomatique.Dates des projections & débats (printemps-été 2014)
Festival de L'échappée rebelle (Trièves). Le 24 mai 2014, à 14 heures dans la salle des fêtes du village du Percy.Fête de Lutte ouvrière, à Presle (Val d'Oise). Le samedi 7 juin 2014.Soirées de réflexion sur le travail, au Centre autogéré de Saint-Denis L'Attiéké. Le jeudi 19 juin à 18h00. Les Nuits photographiques, Pavillon Carré de Baudouin, à Paris. Le vendredi 27 juin à 22h00.Festival du film autoproduit Cinemabrut, à Mouans-Sartoux (proche de Cannes), le 5 juillet 2014 à 13h45.


Dans la boîte, un film de lutte pour cesser le travail dissimulé dans la distribution directe (40 000 salariés en France)

adrexo.prudhommes@gmail.com // 06.63.85.80.20 //

Les publicités dans les boîtes aux lettres, c'est l'occasion de faire de bonnes affaires. Surtout pour l'employeur, lorsqu'elles sont livrées par un salarié payé une heure sur deux. Pour découvrir comment près de 40.000 distributeurs et distributrices offrent des heures de travail à leur entreprise, menez l'enquête avec Juliette, infiltrée à Adrexo. Dans le centre de distribution, le bureau de la direction et même au ministère du travail, visiblement le droit des salariés, c'est un petit peu trop compliqué.

Un film de Juliette Guibaud (2013)



À Dunkerque, les masqueloures n'ont pas vu le Bronx (CQFD)

Dans le cadre du dossier Carnaval publié dans la dernière livraison de CQFD, journal du chien rouge marseillais, je suis allé traîner mes robes flamandes du côté des trois joyeuses, apogée du carnaval à Dunkerque, que La Voix du Nord avait annoncées comme violentes, dangereuses, car mitées de "jeunes trainant dans les halls d'immeubles", prêts à en découdre avec les carnavaleux (et d'ailleurs, ils avaient déjà échangé leurs casquettes contre des mitraillettes de foire, et leurs briquets contre des lance-flammes).

Retrouvez cet article dans l'édition d'avril 2014 de CQFD.



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