La Disparition… des camionneurs


  • Pour réaliser son “numéro zéro”, l’équipe de La Disparition (LD - nouveau média épistolaire dont titre fait référence au livre éponyme de
    Georges Perec paru en 1969), m’a demandé d’écrire une lettre-reportage sur le métier de camionneur, premier métier dans la majorité des États américains. Le principe de ce nouveau journal, qui prend la forme d’un courrier papier écrit au lecteur,
    est de chroniquer tout ce qui est en train de disparaitre, afin de
    “faire l’inventaire d’un monde finissant pour construire demain”. Le
    récit, fictionnel ou non, est accompagné d’une carte postale, d’un Nota bene et même de mots croisés. C’est un honneur pour moi d’avoir réalisé ce premier courrier - continuité de deux reportages parus dans Le Monde diplomatique en 2018, ici et ici). Pour recevoir les lettres de La Disparition, il suffit de s’y abonner, ici.

Le resto du cœur


Dans son numéro d’été 2021, La revue dessinée publie “Le resto du coeur”, une bande dessinée racontant la lutte des salarié.e.s du McDonald’s des quartiers Nord de Marseille, lesquels ont bataillé pendant des décennies pour rendre leur travail vivable, et notamment obtenir un treizième mois - ce qui a provoqué l’ire de la direction, qui a purement et simplement liquidé le restaurant après avoir licencié tout le personnel en 2020. Dans l’histoire de la multinationale du Big Mac, il est extrêmement rare qu’une franchise McDonald’s soit liquidée de la sorte. Ronald n’aime pas (du tout) les syndicats et pour mettre à genoux les salarié.e.s en lutte, il a usé de tout ce qui était en son pouvoir - menaces, intimidations, entraves syndicales, gros bras, guérilla judiciaire, chantage, tentatives de corruption, jusqu’à la fermeture forcée. Mais le collectif de travailleurs s’est lui aussi organisé et a décidé, durant le premier confinement en 2020, de réquisitionner “leur” McDonald’s afin de le transformer en plateforme d’aide aux plus démunis (nourriture, soins de santé, rattrapage scolaire, cours de français, colonies de vacances…). L’élan de solidarité qui s’en est suivi a pris de telles proportions que le lieu est devenu un véritable quartier général des luttes sociales dans les quartiers Nord de Marseille, qui figurent parmi les plus pauvres d’Europe.

Avec Benoît Guillaume, dessinateur de grand talent basé à Marseille, nous avons travaillé plusieurs mois pour mettre en récit l’histoire de ces salarié.e.s déterminés à se réapproprier leur outil de travail. Nous aurions pu titrer cette BD “La bataille du treizième mois” ou “Big Mac”, mais elle a finalement été nommée “Le resto du cœur”. Ce travail est à retrouver dans La Revue dessinée (essentiellement en vente en librairie). Pour ma part, c’est la troisième bande dessinée que je concocte pour La revue dessinée et c’est une très grande joie et un grand honneur à chaque fois.  


Portraits de poule(tte)s

Le Gallus gallus domesticus (encore appelé “poule” ou “poulet” et que de nombreux paléontologues qualifient de dinosaure) est devenu l’oiseau le plus répandu sur terre. Sur les 70 milliards d’animaux terrestres abattus chaque année, 66 milliards sont des poulets. Le lointain descendant du tyrannosaure T-Rex est sans aucun doute l’animal le plus exploité de la planète aujourd’hui.

Deux de ces gallinacés ont occupé mon quotidien près de six mois. Piou-piou chante désormais comme un petit coq et Paprika pond des petits œufs tous les jours. Je n’ai jamais été aussi attaché à des animaux. Je voulais faire quelques photos « studio » pour garder en mémoire leur grande beauté, leur douceur et leur nature si attachante. 

Portraits de Piou-Piou et Paprika, janvier 2021, Bray-Dunes (Nord).


Sur la touche


Dans son numéro d’hiver 2020-2021, La Revue dessinée publie sur trente pages “Sur la touche”, une bande dessinée de Thibaut Soulcié, adaptation de mes deux reportages dans le Nord parus dans Le Monde diplomatique en 2019 et 2020 sur la société sans contact et le tri social enclenché
par la dématérialisation à marche forcée des services publics (et d’à
peu près tout le reste). La Revue dessinée est à retrouver dans les
librairies et certains bureaux de presse en gare…


Scam - Brouillon d’un rêve

En juin 2020, la société civile des auteurs multimédia (SCAM) a décidé de m’octroyer à l’unanimité la bourse ”Brouillon d’un rêve” pour mon projet de film photographique moyen-métrage “Sans queue ni tête, décorticage d’une crevette grise”, produit par C-P Productions. À ce stade, le développement du projet a été soutenu par Pictanovo, la région Occitanie, France Télévisions et le Centre national de la cinématographie (CNC). Vivement que le Covid-19 fiche le camp pour pouvoir reprendre le travail et passer après l’étape des repérages…


Obéissance sur ordonnance

Dans le numéro 29 de La Revue dessinée (automne 2020), le dessinateur Singeon a adapté mon reportage sur la “pilule de l’obéissance”, paru dans Le Monde diplomatique en décembre 2019 (ici). Le résultat : 31 pages de bande-dessinée réalisées par l’excellent Singeon Waters pour lire, relire ou découvrir l’ampleur de la Ritaline en France et aux États-Unis. En voici quelques planches…

La Revue dessinée est à retrouver en librairie ou dans certains kiosques à journaux (essentiellement en gare).


Travail, famille, Wi-Fi


Les géants du numérique pouvaient difficilement imaginer qu’un test
grandeur nature de leur vision de la société serait un jour justifié par
un motif sanitaire. Or, pendant quelques semaines, producteurs et
consommateurs ont dû régler toutes leurs affaires par écran interposé. Y
compris quand il s’agissait d’école, de divertissement, de santé. Pour lire Travail, famille, Wi-Fi (reportage confiné paru dans Le Monde diplomatique de juin 2020), cliquez ici.


Enquête sur “la pilule de l’obéissance”

En France, la prescription de méthylphénidate a explosé : on en consomme trente fois plus aujourd’hui qu’en 1996, année de sa mise sur le marché. En 2017, il s’en est vendu 810 000 boîtes, quatre fois plus qu’en 2005. Le méthylphénidate ? Un dérivé d’amphétamines prescrit pour les fameux TDAH, les troubles de l’attention avec (ou sans) hyperactivité. Ritaline, Quazim, Medikinet, Vyvanse, Concerta, Focalin, Adderall, Adhansia… Il en existe plusieurs. Aux États-Unis, 20 millions de personnes, dont 4 millions d’enfants, en prennent tous les jours. Pour améliorer leurs performances au travail, aux jeux vidéo, à l’école, sur un terrain de guerre ou de baseball, dans un studio de musique, au volant, au bureau… La Ritaline est souvent qualifiée de “cocaïne des enfants” ou de “pilule de l’obéissance”. Enquête entre la France, où la prescription de cette pilule est en nette hausse ; et le Kentucky (États-Unis), où elle fait des ravages. La Ritaline est-elle le Médiator de demain ? Les psychostimulants (méthylphénidate, cocaïne, métamphétamines…) sont-ils le terreau de la prochaine grande crise sanitaire aux États-Unis, après celle des antidouleurs à base d’opioïdes (400 000 morts en 20 ans) ? Que se passera-t-il si 5 % des enfants dans le monde, comme le préconise le manuel des psychiatres (le DSM), grandissent sous amphétamines ? À lire dans Le Monde diplomatique de décembre 2019. Ou en cliquant ici.



Les millions d’oubliés du « tout numérique »

À lire dans Le Monde diplomatique d’août 2019, Peut-on encore vivre sans Internet, un reportage dans le Nord de la France sur les millions d’oubliés du numérique, ces quelque 23% de Français qui ne sont pas à l’aise avec Internet. Un terme assez peu subtil a fait son apparition pour désigner le fait de
ne pas être équipé d’appareils informatiques, de ne pas maîtriser leur fonctionnement ou de ne pas disposer d’une connexion : l’« illectronisme ». À l’heure de la dématérialisation à marche forcée, les procédures administratives mais aussi les actes les plus ordinaires en société (réserver un train, faire ses courses, prendre le métro, payer sa facture, s’inscrire à une compétition sportive, emprunter un tronçon d’autoroute…) passent désormais obligatoirement par la possession d’un ordinateur ou d’un smartphone (74% de la population). Une société sans contact se profile, avec des millions de citoyens confrontés de force à des écrans. Reportage réalisé au printemps 2019 entre Hondschoote, Grande-Synthe, Dunkerque et Lille. À lire en cliquant ici.

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