Diffusion d’un documentaire sur Le Média TV


Happy meal & lutte des classes (55’, 2018)

Après le ministère américain de la défense,
l’armée chinoise et les supermarchés Walmart, la chaîne de fast-food McDonald’s
est le quatrième employeur au monde : près de 2 millions de personnes dans
plus de cent pays turbinent chaque jour pour le compte du clown Ronald.
L’enseigne aux arches dorées emploie quasiment 80 000 personnes en France et
est devenue en quarante ans le premier employeur des jeunes. Son modèle :
la franchise (les royalties et les loyers), le CDI à temps partiel et la guerre aux syndicats.

A Marseille, niché au cœur des quartiers nord,
le restaurant de Saint-Barthélémy va à l’encontre du modèle social dominant de
McDonald’s. Les 77 salariés y travaillent pour beaucoup depuis plus de vingt
ans. En 25 ans de Big Mac, les salariés (au nombre de 370 si l’on considère l’ensemble de l’unité économique et sociale de six restaurants) ont réussi à conquérir des droits
inédits au sein du groupe. L’équipe syndicale du restaurant, emmenée par
Kamel Guémari, délégué syndical (Force ouvrière) aux vingt ans d’ancienneté,
est même parvenue à exporter son savoir-faire au-delà des frontières de leur
quartier enclavé, ce qui est intolérable pour McDonald’s. 

Ce film retrace la guerre que McDonald’s France a déclarée à son bastion syndical marseillais. Il tente de montrer comment des salariés solidaires, armés du code du travail et d’un avocat de combat, peuvent lutter pour un travail digne à l’intérieur du carcan de la première chaîne de fast-food au monde, qui n’a pas encore fait la part belle à l’ubérisation. Il montre aussi que la hantise du patronat est toujours la même : que les salariés s’approprient leur travail et l’organisent comme ils l’entendent.

Production : Le Média TV ; Réalisation : Julien Brygo ; Montage : Robin Vollais ; Conseillère éditoriale : Nina Faure ; Conseiller au montage : Matthieu Parmentier ; Image : Romain Rondet (Primitivi) ; Nina Faure, Adonis Romdhane ; Prise de son : Julien Brygo ; Mixage : Yves Zarka ; Habillage : Jacques Muller.


Écologie politique VS écologie apolitique

Paysan, philosophe, gourou, icône… Pierre Rabhi est tout cela à la fois. Depuis plusieurs dizaines d’années, cet Ardéchois d’adoption, proche des patrons et des puissants, est devenu l’incarnation du petit paysan volontaire qui, avec son bon sens, appelle à une écologie… apolitique. Dans son édition du mois d’août 2018, le mensuel Le Monde diplomatique a consacré une enquête à la Une sur Pierre Rabhi, intitulée le système Pierre Rabhi. Dans le cadre de ma première émission au Média TV, j’ai reçu le journaliste Jean-Baptiste Malet pour développer la pensée qu’il amorce dans son article.



Au championnat du monde de la crevette délocalisée

Combats de coqs, concours d’épluchage de pommes de terre ou trophées d’empiffrage de plats caloriques, la région du Nord est friande de compétitions stimulantes et innovantes. Parmi elles, une course de vitesse méconnue : le championnat du monde de décorticage de crevettes grises. Mais derrière cette épreuve hautement sportive se cachent des intérêts un peu moins pittoresques.

Un reportage à retrouver dans l’édition de septembre du mensuel CQFD


Dans le Minnesota, des livreurs de bière et des briseurs de grève

Samedi 5 mai 2018. Dans la proche banlieue de Minneapolis, sur le piquet de grève des chauffeurs routiers de J. J. Taylor, leader de la distribution de bière dans l’État du Minnesota, M. Chuck D., 47 ans dont vingt à livrer des fûts de bière, étouffe un rire saccadé, réajuste sa casquette et se lève de son siège de camping. « Des camions sans chauffeur, vous dites ? Oui, j’en ai entendu parler. Je peux vous dire que ça n’arrivera pas de mon vivant. Comment vont-ils rouler sur les routes verglacées du pays, comme ici, dans le Minnesota ? Et qui déchargera les camions des fûts de bière ? Qui les descendra dans les sous-sols des bars ? Un robot ? Laissez-moi rire ! » En cette journée ensoleillée, qui marque le début de la cinquième semaine consécutive de grève des 94 salariés de l’entreprise — soit 100 % de l’effectif —, lui et ses collègues se préoccupent moins des algorithmes mis au point pour remplacer les camionneurs que des briseurs de grève, ceux qui sont positionnés en jaune de l’autre côté du piquet et qu’ils arrosent copieusement du sobriquet de « ratscabs » (« jaunes », « vendus », « collabos »).
Dans le Minnesota bat le cœur de l’Amérique progressiste, celle qui a vu les révoltes ouvrières améliorer durablement la vie des forçats de la route. En 1934, en pleine Grande Dépression (…)

Lire la suite de Livreurs de bière et briseurs de grève (ici) sur le site internet du Monde diplomatique.

Série d’images sur la grève des chauffeurs-livreurs de J.J. Taylor, avril-mai 2018.


Le routier américain, une icône en voie de disparition

Pour le mensuel Le Monde diplomatique, j’ai réalisé en mai 2018 un reportage sur les routiers américains confrontés aux startups de camions autonomes (sans chauffeurs). Le reportage est à lire dans le numéro du mois d’août ou en cliquant ici. En complément du reportage, l’article Dans le Minnesota, des livreurs de bière et des briseurs de grève est accessible à cette adresse




Le Monde diplomatique, novembre 2017

Révolte des domestiques en Inde

Par Julien Brygo

Elles travaillent pour les milliardaires mais aussi pour les couches moyennes naissantes. Issues des campagnes pauvres, privées de droits réels, les domestiques sont de plus en plus nombreuses en Inde. Rares sont les révoltes. Pourtant, un matin de juillet, elles ont osé affronter leurs employeurs… Depuis, certains suggèrent de passer par des sociétés de services, plus sûres.

Plus de quatre semaines ont passé. Dans le crépuscule du parc où s’ébaudissent petits singes, écureuils et oiseaux virevoltantsZohra Bibi replonge dans le déroulé des événements. L’arrivée chez sa patronne, les gifles, la fuite, le téléphone portable confisqué, la nuit entière à être bloquée dans le complexe résidentiel ; puis, au petit matin, la venue de ses collègues, armées de bâtons, de pierres et de slogans vengeurs. 


C’était le 12 juillet dernier. Zohra Bibi, 29 ans, l’une des cinq cents travailleuses domestiques du Mahagun Moderne, un ensemble de vingt et une tours résidentielles situé à Noida, dans la banlieue de New Delhi, entrait chez sa patronne, Mme Harshu Sethi. « Je me lève tous les matins à 5 h 30 pour être chez mes employeurs avant 7 heures, pour leur petit déjeuner. Nous, les domestiques, nous faisons économiser beaucoup de temps à nos patronnes en faisant pour elles ces tâches ménagères. Avec mes huit employeurs, j’arrivais à me dégager un salaire de 17 000 roupies [220 euros]. Je fais ça depuis douze ans. Mon fils aîné, mon mari et moi-même avons construit le Mahagun Moderne et d’autres tours en tant que maçons. Lorsque les résidents ont emménagé, je suis devenue domestique en franchissant les grilles un matin pour demander qu’on m’embauche. » 



Recherchés par la police depuis le 13 juillet, Zohra Bibi et son mari, Abdul, sont cachés dans un appartement tenu secret, loin de Noida, par le syndicat non enregistré Gharelu Kamgar Union (GKU), qui revendique sept mille membres. La nuit du 12 au 13, la police s’était rendue chez Mme Sethi à la demande du mari de Zohra Bibi. Celle-ci restant introuvable, il avait informé ses collègues et voisins au petit matin, provoquant une révolte d’une ampleur inédite qui a stupéfié les classes favorisées indiennes. Vêtue de sa kurta aux couleurs orangées, les mains croisées, Zohra Bibi, portant sur la raie de son cuir chevelu un liséré de poudre orange — « pour faire croire que je suis hindoue et m’éviter des problèmes (…)

(La suite à lire dans l’édition papier du Monde diplomatique de novembre 2017 ou sur cette page).



Saorge, vallée de la Roya

À Saorge, dans la vallée de la Roya, un ancien monastère de moines fransiscains a été transformé en lieu de travail pour les salariés du Centre des monuments nationaux, en lieu d’exposition, de concerts et de projections, ainsi qu’en résidence d’écriture pour écrivains, compositeurs, scénaristes et autres plumes. Boulots de merde! m’a ouvert les portes de ce couvent, où ont vécu jusqu’en 1988 de nombreux apôtres de Saint-François, ceux de la pauvreté radicale, du secours aux pauvres et aux malades, du maraîchage de légumes aussi. J’y ai passé trois semaines, passant de l’été à l’automne, à contempler ces montagnes dessinées au crayon de bois, ces fresques baroques, ces profonds recoins sonores et ses jardins luxuriants. Quelques images réalisées avec mon téléphone-GPS-radio-cléUSB-dictionnaire-annuaire-lampeTorche (Hipstamatic).


Le dernier cri des Pumas de Rensselaer


Rensselaer (Indiana), début 2017. La faillite financière de
l’université Saint-Joseph, vieille de 125 ans, vient d’être annoncée.
Criblés de dettes, les donateurs ont fait savoir qu’ils ne remettraient
pas au pot. Le 24 février 2017 s’est donc déroulé le dernier match de
l’histoire des Pumas, l’équipe universitaire, qui ne survivra pas à la
disparition de Saint-Joseph. Ce soir-là, les filles et les garçons de
Saint-Joseph ont tous gagné leur dernier match. Les adolescents aux yeux
rougis ont emporté des aimantins « Forever #PumasForLife » (« Pour
toujours #Pumas pour la vie ») et les spectateurs vétérans qui
s’asseyaient depuis des dizaines d’années sur le même siège s’en sont
levés pour la toute dernière fois. [Reportage photographique réalisé dans le cadre de Le rêve américain au miroir du basket-ball, juin 2017, Le Monde diplomatique.]

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